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05/11/2012


Entretien avec Xavier Spatafora


Après avoir attisé toutes les curiosités lors de la « nocturne créative » du 9 octobre chez Macadam & Tournesol, Xavier SPATAFORA, artiste plasticien à l'honneur, nous fait le plaisir de nous éclairer sur sa démarche...

M & T : Vos inspirations récentes accordent une place importante à l'imaginaire et à l'abstrait (cartographies). En quoi ces nouvelles œuvres sont-elles reliées à vos précédents travaux (toujours exposés chez Macadam & Tournesol) ?

X.S. :Tout d’abord, mon travail est à voir dans un « ensemble ». Rien n’est à séparer du reste. Comme dans la vie d’ailleurs…. Je pense que tout est interdépendant, dans le temps et dans l’espace, et philosophiquement, c’est ce qui nourrit, entre autre, ma démarche. C’est sans doute pour ça que mon travail peut varier, parfois décontenancer par sa diversité. Mais il y a un point commun à cette diversité, et ce point commun est mon regard.

Aujourd’hui, il est demandé, en général, aux artistes de tout expliquer, de tout « justifier » et parfois même le discours est plus important que l’œuvre. Mais alors quelle place reste t’il à la poésie et à l’instinct ? Personnellement, je ne cherche pas à répondre à mes questionnements, ou du moins à y trouver une réponse définitive.

M & T : Où puisez-vous votre inspiration ?

X.S. : Pour aller dans le sens de ma réponse précédente, il n’y a pas de « source », de « puits», dans lequel le poète va puiser… Le monde, ma vision du monde, ma complexité consciente et inconsciente façonne mon regard. A partir de là, tout devient source.

M & T : Qu'est-ce que les matériaux et les supports utilisés nous disent sur votre manière d'appréhender votre art ?

X.S. : Je crois que mon processus de création suit un certain schéma. Le monde aujourd’hui, dans sa complexité abstraite et virtuelle est difficile à appréhender. Pour cette raison, je pars souvent d’une « matière » déjà existante avec laquelle je vais façonner (mur d’affiche, fragment de Placoplatre, gouttière, etc…). En fait, je ne recycle pas volontairement, avec une démarche écologique, je recycle car j’ai besoin de cette matière concrète à partir de laquelle je vais pouvoir ensuite projeter ma propre virtualité, je veux dire, ma propre cosa mentale.

M & T : A l'image de l'association COAL, croyez-vous que l'art peut être un levier pour sensibiliser aux questions environnementales ?

X.S. : Oui, bien sûr, mais l’art le fait depuis longtemps. En fait je ne sais pas si les artistes ne font pas que ça, parler « d’environnement. » Je veux dire dans le sens le plus large… Tout est question d’environnement, de territoire, de rapport d’une chose à une autre, d’un être à un autre.

« Les questions environnementales », à notre époque et dans le sens ou vous le sous-entendez sont devenues un label, une entité comme une autre à partir de laquelle on s’inscrit ou pas, on se donne bonne conscience, on fait aussi de l’argent, on créer des partis politiques…

M & T : Dans votre manière de travailler, avez-vous mis en place des actions « green » particulières ?

X.S. : Je profite ici de votre question pour faire comprendre qu’il n’y a pas de séparation entre la vie et la création. Je me répète, mais tout est lié… En fait je trouve curieux cette manière de tout labéliser…. « Green », ça veut dire quoi ?

Je ne mets pas une casquette différente selon le contexte. Je suis un être humain qui parcoure le temps d’une vie un chemin d’un point N (naissance) à un point M (mort). Quand je fais le tri sélectif de mes poubelles, quand je fais attention à bien éteindre mes appareils électriques au lieu de les laisser en veille, quand je prends le vélo plutôt que la voiture, et même en voiture quand je mets mon clignotant dans un rond point pour fluidifier le trafic, je m’inscris en tant que citoyen du monde, attentif à mon « environnement », aux autres…

M & T : Etes-vous attaché à un lieu de prédilection pour créer ?

X.S. : Que veut dire créer ? Etre dans un atelier, un espace, et assembler des choses, ou réfléchir le monde ? Dans ce sens, nous créons tous chaque seconde… Nous créons notre propre projection mentale du monde. Alors non, je n’ai pas de lieu de « prédilection », même si, parfois, une grande pièce est utile pour assembler des choses et « cristalliser » un objet, une idée.

M & T : Pour finir, quelles sont les raisons qui vous ont convaincues d'exposer chez Macadam & Tournesol ?

X.S. : La démarche globale. Même si je suis méfiant envers cette labellisation des choses, qui à mes yeux à pour risque de participer à une vision d’un monde manichéen, je reste sensible aux actions des êtres humains et l’action éco responsable de Macadam & Tournesol me touche.


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